Rencontre Michel Odent

Accouchement naturel et spontané, comment le préserver ?

Toutes ces actions simples mais souvent oubliées qui posées autour de la femme qui enfante font toute la différence !

Conférence Michel Odent 29 avril 2015 – Bini Birth, Sherman Oaks

Le 29 avril… me voilà arrivée dans cette énorme maison, à Sherman Oaks. Première fois que je mets les pieds dans cette ville ! Le Bini Birth… un lieu pluridisciplinaire qui propose des formations et des accompagnements de doula pour les femmes enceintes.

Un endroit magnifique : d’énormes poutres en bois, une cheminée qui donne envie de se poser, des plafonds sans limite et un escalier central aussi gigantesque que charmant.

Une ambiance particulière ou ma curiosité est à son comble ! Je la laisse aller un peu partout, toucher les objets bizarres proposées, admirer les belles robes d’allaitement, lire toutes les annonces collées sur les murs… et voilà que je percute quelqu’un… un « excuse me » presque inaudible… je ne veux pas cesser ma découverte du lieu, il y a tant à voir! Je me retourne, à peine, totalement absorbée par le charme ambiant…

Mais, attends un petit peu!… je me retourne à nouveau… je crois rêver, c’est bien lui! MICHEL ODENT… mon souffle est coupé, impossible de lui dire bonjour alors que mon corps le suit comme un aimant attiré par du métal.

Beau cadeau non ?

J’ai eu la chance d’assister à ce workshop d’une journée donné par Michel Odent et à Los Angeles! Le thème « Avons-nous besoin de sages-femmes? ». Je monte l’escalier aux marches extravagantes. La salle est pleine. Toutes des sages-femmes? Des doulas? Des gens qui travaillent autour de la naissance? ouawwww! Mais avec autant de personnes concernées, on va vraiment faire la différence!?

Michel Odent…

Michel Odent est un chirurgien français qui à l’origine n’avait pas pour ambition de faire sa carrière autour de la naissance du petit d’Homme. Pourtant, aujourd’hui, il est bel et bien un incontournable dans le domaine! Un avant-gardiste et pionnier, il est pour moi l’auteur de livres inspirants qui ne cessent d’allumer en moi la flamme et la passion que j’ai pour ce métier de sage-femme à chaque fois que je m’y replonge.

Ses livres ont le pouvoir de changer nos manières d’appréhender l’accouchement et de poser un regard différent sur la venue au monde d’un bébé. C’est en 1962 qu’il passa le concours pour devenir chirurgien à l’hôpital de Pithiviers, à 80km de Paris.

Très vite, il se retrouva chef de la maternité et en 1970 il lança le concept d’accouchement en salle de naissance « comme à la maison » (CALM, nom d’une maison de naissance aujourd’hui à Paris) en introduisant les piscines de dilatation en milieu hospitalier.

En 20 ans, le nombre d’accouchement par an de cette petite clinique de banlieue devint impressionnant avec une équipe de seulement 6 sages-femmes et un seul obstétricien: lui! Chacun évoluant dans son propre domaine d’expertise: la sage-femme gardienne de la physiologie et le gynécologue-obstétricien spécialiste de la pathologie, tout ne pouvait que bien se passer. En effet, lorsque l’environnement respecte cette fabuleuse physiologie maternelle, le processus de mise au monde du bébé se passe dans la grosse majorité des cas sans tracas…

Le mot clé = protection !

Le workshop démarre… Toutes les sources scientifiques qu’il amène les unes après les autres, la logique avec laquelle il expose ses arguments et la sagesse de son âge et de son expérience imposent l’arrêt et l’écoute attentive du message. Message qui peut être résumé en un mot: PROTECTION.

Protection de la femme enceinte, protection de la femme qui enfante, protection du petit d’Homme qui vient au monde… et ainsi, finalement oui, protection de l’avenir de l’humanité toute entière. Ça fait assez énorme dit comme ça! En écrivant, je pourrais même trouver ces propos quelque peu présomptueux… mais ils sont pourtant devenus conviction profonde !

Tout au long de sa carrière et encore aujourd’hui, même à 85ans, Michel Odent a développé un intérêt particulier pour les facteurs qui influencent le déroulement de l’accouchement mais aussi ceux qui influenceraient in-utéro l’évolution des individus. IMPOSSIBLE de résumer en quelques mots tout ce qui se trouve derrière cette notions de protection. Je pense qu’il a écrit une dizaine de bouquins sur le sujet. Mais je voudrais tout de même pointer ici une chose : les hormones de la femme en travail… comment protégeons-nous leur libération spontanée et naturelle ?

Les hormones : naturelles ou artificielles ?

En effet, le moment de l’enfantement est un processus qui a été énormément perturbé ces dernières décennies. Aujourd’hui, une femme en travail se voit presque systématiquement, et de plus en plus tôt dans le travail, poser une perfusion sur le bras dans laquelle coule une hormone artificielle d’ocytocine (syntocinon en Europe, Pitocine aux US).

Hormone qui est pourtant produite naturellement par la femme lorsque celle-ci se met en travail spontané. Alors je m’interroge et n’ai pas de réponse: pourquoi devons nous de nos jour de plus en plus « palier » à cette production naturelle par de l’artificielle?

La femme moderne ne serait-elle plus accoucher spontanément? Qu’est ce qui fait que cette hormone, dites de l’amour, est produite? Comment pourrions-nous protéger la femme pour qu’elle puisse produire cette hormone naturellement? L’artificielle a-t-elle le même impact que la naturelle? Sur la femme? Et sur le bébé? Quid des générations futures? Ces questions sont également posées par Michel Odent dans ses livres et conférences et sa quête scientifique est bel et bien d’y apporter des éléments de réponses…

Des gestes simples et pourtant que trop rares…

Une femme qui enfante SAIT comment le faire. C’est inscrit dans son cerveau primitif, archaïque, que nous partageons avec tous les autres mammifères. C’est lui qui permet la libération hormonale nécessaire à l’accouchement. Notre différence à nous, humains, est la présence de notre néo-cortex, le cerveau de l’intellect qui réfléchit, qui anticipe, qui pense et qui apprend!

Si celui-ci est branché pendant l’accouchement, le primitif aura tendance à s’éteindre. Elle aura alors probablement plus de mal à déclencher ce processus involontaire d’enfantement et aura sans doute besoin d’une aide artificielle.

Alors comment le débrancher ?

Les gestes sont assez simples et pourtant que trop rarement posés en salle de naissance : baisser l’intensité lumineuse (la pénombre aide à réduire cette activité néo-corticale), garantir une certaine intimité (se sentir observé allume le néo-cortex, des va-et-vient dans la chambre dérangent et un nombre exagéré de personnes dans la salle perturbe), adapter son langage et ne s’adresser à la femme qui si nécessaire et en dehors d’une contraction (le murmure en évitant les questions rationnelles qui interpellent le neo-cortex telles que les antécédents familiaux ou le régime alimentaire de Mme… même emplies de bonnes intentions ou d’intérêt dans une prise en charge de qualité, ces questions pourraient être différées (pendant la grossesse par exemple) ou adressées au mari ou tout autre accompagnant présent). Ensuite, l’ocytocine est antagoniste à l’adrénaline, hormone que nous produisons en situation de stress.

En d’autres termes, quand l’une est produite, l’autre est inhibée… il est donc intéressant d’éviter les situations qui génèrent la production d’adrénaline: le froid (veiller à ce que la chambre ait toujours une température satisfaisante), les personnes au niveau d’adrénaline élevé (c’est une hormone contagieuse) et le danger (qui induit la production d’adrénaline mais aussi la stimulation du néo-cortex, il est important d’installer un climat de CONFIANCE autour de cette femme qui s’apprête à donner la vie). Pour résumer, PROTÉGER la femme en identifiant les inhibiteurs pour qu’elle puisse vivre cette traversée dans toute sa physiologie.

 

Je vous parle de tout ceci dans l’outil Destination naissance. En cliquant dessus, vous aurez accès au contenu de l’accompagnement.