Où est la femme dans tout ca ?

Femme, épouse, mére…

Être enceinte, devenir mère… Oui, les femmes le font depuis la nuit des temps ! Pas de quoi en faire un plat ! Et pourtant ? Comment avez-vous vécu votre grossesse ? Comment s’est passé votre accouchement ? Comment vous êtes-vous sentie face à l’arrivée de ce petit être dans votre vie ? Que du bonheur ? Tout était fluide ? Des questions pas forcement simples… on ne les pose jamais… ou presque! Et la réponse n’est que trop rarement « éblouissants et en confiance ».

Pourtant, l’importance de l’accompagnement personnalisé de la femme enceinte est de plus en plus soulignée. On voit surgir des initiatives de prise en charge globale et les dernières études scientifiques nous montrent bien à quel point un suivi global, par la même personne pendant la grossesse/ l’accouchement/ les suites de couches, est générateur de meilleures issues materno-fœtales tant sur le plan médical, que le plan affectif et satisfaction parentale.

Mais alors quel est le problème ?

Premièrement, vous ne savez pas vraiment quoi en penser et vous vous sentez sans doute perdues quant à vos choix. Vous avez l’impression que ça va toujours dans un sens ou dans un autre: les gynécologues obstétriciens sont horribles, des profiteurs adeptes du bistouri et de l’argent, et les sages-femmes à domicile sont des déesses à vénérer.

Si vous lisez cet article, c’est que vous avez peut-être envie d’y croire mais en même temps vous n’aimez pas l’extrémisme quel qu’il soit… Vous ne vous sentez ni dans le courant des maternités « usine à bébés » ou le taux de recours aux hormones artificielles et à la césarienne est astronomiquement élevé, ni dans le courant des naissances à la maison qui pour certaines sont un peu trop hippies ou inconscientes à votre goût.

À côté de cela, vous vous sentez un peu incomprise devant certaines de vos amies ou famille lorsque vous leur parlez de l’accouchement naturel et de ce besoin difficile à décrire que vous ressentez de le vivre comme un « rite » de passage. Elles/ils vous regardent avec des yeux ronds comme des billes en vous lançant la fameuse phrase « la péridurale existe, alors pourquoi s’en passer!?». C’est vrai pourquoi?

On suit donc ce qui se fait de manière « classique », les possibilités ne sont pas claires, les ressentis sont étouffés… et l’entourage n’aide pas: la grossesse, quel heureux événement! Non? Un gynécologue pour le suivi médical, une préparation à l’hôpital qui donne les grandes lignes, la péridurale, un beau et joli bébé et une maman qui… ou en est-elle au juste la maman ?

Pauvre personnel d’hôpital : il ne peut pas faire autrement ! Il y a tant à faire et si peu de reconnaissance, il s’épuise et se plaint. C’est un débat sans fin… Au final, voilà une femme qui ne s’est pas sentie devenir mère… qui est perdue face à ce petit qu’elle aime pourtant du plus profond de ses tripes! Elle a juste besoin qu’on l’accompagne ELLE dans toutes ses saveurs… Qu’on lui dise c’est ok de se sentir ainsi…

Et quelle est la réalité ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas en cause! C’est en fait le schéma général qui est imposé aux femmes ou seule règne en maître: la peur! Peur de souffrir, peur des complications, peur de faire une faute, peur de devenir maman, peur de s’écouter soi (on n’a pas appris ça!), peur de faire confiance, peur de mourir, peur de vivre!… peur de… la liste est infinie!

La péridurale et le suivi non personnalisé qui suit des protocoles: ça ne fait pas de vague, on a moins peur (vraiment?)… en tout cas ça anesthésie l’émotion et les possibles !

ATTENTION !

Je ne suis nullement contre la péridurale: sans elle, je n’aurais jamais pu donner naissance à ma fille. Elle m’a libérée de la souffrance (notez que j’utilise le mot souffrance et non douleur, je reviendrai sur cette différence) dans laquelle je m’enlisais. Je suis contre le couvercle posé sur une casserole qui bout parce que l’eau qu’elle dégage va salir la cuisinière ou chambouler l’heure du repas!

Je ne suis nullement contre les protocoles non plus! Sans eux, que serait-il advenu de mon fils? Sans eux, comment fonctionnerions-nous en équipes compétentes et efficaces? Je suis contre l’imposition du poisson tous les vendredi parce que ça à toujours été comme ça alors qu’on a du poulet dans le frigo!

Et quelle est la solution ?

J’ai cette conviction que chaque femme enceinte devrait avoir droit à un suivi personnalisé de sa grossesse, un accouchement qui lui ressemble et des suites de couches encadrées (même de loin, un endroit où déposer si nécessaire). Ce n’est pas seulement un bébé qui vient au monde mais également une nouvelle femme qui devient mère. Qu’il s’agisse du premier enfant ou non, une transition s’opère toujours. Que ce soit à l’hôpital ou à la maison, dans un lit ou dans un bain, avec péridural ou sans, par césarienne ou par voie basse, assise, couchée ou à 4 pattes, une femme a besoin de se sentir reconnue dans son vécu, soutenue dans sa transition et guidée dans ses compétences inées!

J’ai également la conviction que chacun est fort de ce pourquoi il est formé et de ce pourquoi il se meut: la sage-femme est gardienne de la physiologie et le gynécologue est expert de la pathologie. L’un ne va ni sans l’autre ni contre l’autre, ils se complètent lorsque chacun reste dans ses champs de compétences pour participer à augmenter le niveau de sécurité autour de cette femme qui se prépare à donne la vie.

Par où commencer ?

Savoir s’écouter… et prendre une décision! Un jour j’ai pris cette décision: je voulais être la seule actrice de ma maternité. J’ai choisi un professionnel de santé qui respectait et partageait cette prise de position (un gynécologue-obstétricien, l’ironie de la sage-femme que je suis, mais un des meilleurs à mes yeux à ce jour tant pour le respect de la physiologie que dans son expertise de la pathologie, Graham Hutchings Merci! ;-)).

Je me suis formée à la communication non violente, ensuite à la sophrologie, j’ai été à la rencontre de mes peurs et de mes blocages et je suis parvenue à vivre une naissance qui a du sens et grâce à laquelle je me suis sentie fière de moi et grandie en tant que femme! Ce n’était pas un long fleuve tranquille, je n’ai jamais aimé être enceinte ! Le comble !

Mais j’ai vécu ce cheminement du Oui à la vie. Je suis toujours en chemin, on a jamais fini de faire naître la femme que l’on est. Je continue à me faire accompagner, différemment maintenant (je ne me prépare plus à accoucher d’un bébé ;-)), parce que je sais à présent que c’est tellement plus facile et doux lorsqu’on est soutenue que lorsque l’on est seule.

N’hésitez pas à me contacter si cet article vous interpelle

Pour les femmes au joli ventre rond, j’organise des séances clarification. Un premier contact par skype visant à diminuer le flou ambiant qui vous habite peut-être et mettre des mots sur vos aspirations profondes pour cette période de transition et de changement qui annonce l’arrivée d’un nouvel enfant au sein de votre famille.