L’approche BRAIN ou le choix éclairé durant la grossesse

Cette semaine j’ai suivi un cycle de formation en vidéos réalisé par des sages-femmes canadiennes adressé aux secondes sages-femmes qui font des accouchements à domicile. Dans l’ensemble, j’y ai retrouvé à peu près tout ce que j’ai pu apprendre en Belgique dans ma formation de sage-femme hospitalière.

Bien entendu, il y a parfois quelques différences dans le matériel utilisé ou les habitudes adoptées qui sont essentiellement liées au lieu de la pratique. Il est par exemple rigolo de se dire que notre plateau d’urgence de réanimation du nouveau-né se trouve sur un « cookie sheet » (une plaque à biscuits dirons-nous? Un lèche frite?) plutôt que sur un plan de travail aseptisé. Ou encore, je souris en me disant que le linge chaud à prévoir pour le bébé au moment de la naissance se trouve dans le séchoir plutôt que sous une lampe chauffante dans le coin nouveau-né. Il y a certain réflexes que je vais probablement encore devoir acquérir…

Mais il y a tout de même une grande différence que je voudrais vous partager avec cet article.

Le fondement qui est à la base de leur pratique et de ce qu’elles enseignent qui diffère tant de ce que j’ai pu apprendre ou voir sur le terrain dans les hôpitaux. Il s’agit du principe de laisser la patiente faire des choix éclairés, de faire des choix en toute connaissance de cause de tous les aspects positifs et négatifs d’une décision à prendre.

Pour elles, tout part de là et elles basent ainsi tous les aspects de leur pratique sur un principe qu’elles résument à cet acronyme: BRAIN.

B pour bénéfices: quels sont les bénéfices de prendre telle ou telle décision? Quels sont les éléments positifs qui résulteront de telle ou telle action?  

R pour risques: quels sont les risques de prendre telle ou telle décision? Quels sont les éléments négatifs qui résulteront de telle ou telle action?  Sont-il plus importants que les bénéfices ou au contraire, négligeables?

A pour alternatives: quelles sont les alternatives possibles? Existe-t-il d’autres actions à mettre en place face à la situation qui nous préoccupe? Quels sont les choix possibles? 

I pour intuition: quelle est l’intuition de la femme face à cette situation donnée? Que ressent-elle? Pour elles, les femmes savent souvent ce qui est bon pour elle et/ou pour leur bébé et notre rôle est de les connectées à cela tout en ayant donné le cadre des bénéfices et des risques.

N pour nothing « what if we do nothing? »: que va-t-il se passer si nous ne faisons rien et que nous attendons encore un peu? Ce qui se passe est peut-être l’expression d’autre chose (des larmes à sortir? Une difficulté à passer? une peur à dépasser? une resistances à lâcher? une croyance à modifier?…). Avons nous la possibilité de ne rien faire?

Je trouve que c’est une belle manière de s’assurer de faire le tour de la question face à une nouvelle information reçue ou à une décision à prendre en tant que patiente. C’est d’ailleurs de cette façon que j’accompagne mes patientes pour qu’elles puissent poser LEUR choix en toute connaissance de cause.

Et pour vous, vous a-t-on déjà présenté les choses ainsi? Je me demande si la tendance générale n’insiste pas davantage sur les « Risques » au détriment des autres aspects mentionnés. Qu’en pensez-vous?